Le syndrome de l’imposteur s’invite partout. Le monde professionnel d’aujourd’hui est compétitif et exigeant. Il peut concerner des salariés, des entrepreneurs ou des étudiants. On le rencontre chez de nombreuses personnes, quelle que soit leur âge ou leur niveau d’étude.

L’injonction à avoir une vie professionnelle épanouie, à exprimer ses talents, à réaliser ses rêves tout en préservant son bien-être émotionnel favorise le sentiment de ne jamais être à la hauteur ou de ne pas en faire assez.

Les causes sont parfois profondes et nécessite alors d’être accompagné dans le cadre d’une psychothérapie.

Qu’est-ce que le syndrome de l’imposteur ?

Le syndrome de l’imposteur est un état psychologique, où les individus doutent constamment de leurs compétences et craignent d’être exposés comme des « imposteurs ». Même en présence de réussites évidentes, ceux qui souffrent de ce syndrome attribuent souvent leurs succès à la chance plutôt qu’à leurs compétences réelles.

Les causes profondes du syndrome de l’imposteur

Plusieurs facteurs peuvent contribuer au développement du syndrome de l’imposteur. Parmi eux la peur de l’échec est un des éléments clés. Certaines personnes sont perfectionnistes. Leur niveau d’exigence est élevé envers elle-même et elles ont le sentiment de n’en faire jamais assez.

Chantal qui me consultait pour un coaching de performance me dit :

« vous comprenez, je vise toujours l’excellence. C’est ainsi ! mes parents nous ont toujours poussé à donner le meilleur de nous-mêmes, à exceller, à être les premiers de la classe, à réussir tout ce que nous entreprenions. Au fond nous n’avions pas droit à l’échec. Je crains aujourd’hui de transmettre à mes enfants ce virus du perfectionnisme.

J’ai toujours pensé que c’était une qualité positive, jusqu’au jour où j’ai dû liquider l’entreprise que je dirigeais et que j’avais fondé. Ce fût pour moi un tsunami. J’ai perdu ma confiance en moi, je ne savais plus prendre une décision. Je ne me sentais plus légitime pour repartir sur un nouveau challenge. J’ai mis beaucoup de temps à m’en remettre. Aujourd’hui, j’ai retrouvé toute mon énergie et je me sens à nouveau à ma place à la direction d’une entreprise. »

Surmonter le syndrome de l’imposteur en 5 conseils :

1. Reconnaître et accepter ses réussites

La première étape pour surmonter le syndrome de l’imposteur est de reconnaître et d’accepter vos réussites. Ecrivez votre histoire et listez vos succès, vous serez surpris dans ce travail de vous remémorer des réussites que vous avez oublié. Ne minimisez pas vos succès. Ne répondez pas à des félicitations certainement méritées : « Non mais là c’est parce que j’ai eu de la chance, sinon je n’aurai pas obtenu ce poste ». Tous les évènements de votre vie ne sont pas dût au hasard ou à votre bonne étoile.

2. Changer votre manière de penser ou du moins essayer de le faire.

Apprenez de vos erreurs plutôt que de les voir comme des échecs personnels. Vous avez besoin de le voir pour le croire ? Ecrivez des maximes partout où vos yeux se posent chaque jour au bureau ou chez vous, comme cette jolie phrase de Marcel Proust : « Il n’y a pas de réussite facile ni d’échecs définitifs ». Cherchez et trouver celle qui vous inspirent le plus.

3. Apprendre à se valoriser

Oui se valoriser, cela s’apprend. Ne minimisez pas l’importance de vos succès.

Tristan un jeune homme d’une trentaine d’années me consulte pour un projet de transition professionnelle :

« Vous savez, je n’ai pas fait grand-chose de ma vie. Je n’ai entrepris ni études brillantes, ni obtenu un job intéressant. Je ne sais pas comment postuler ni à quoi, bref je suis perdu. »

A ma remarque « mais je ne comprends pas, je vous ai demandé de m’écrire un cv exhaustif, je l’ai sous les yeux, je lis que vous avez un Master d’anthropologie, vous avez monté une start-up avec une de vos amies, vous êtes parti un an à l’étranger…Ce n’est pas rien ».

Tristan a aujourd’hui compris et appris à valoriser ses savoirs. Il connait mieux ses atouts et reconnaît ses qualités.

4. Etablir des objectifs réalistes

Définissez des objectifs réalistes et réalisables. Évitez de vous surcharger avec des attentes irréalistes qui peuvent alimenter le sentiment d’imposture.

5. Dernier conseil, rencontrez des pairs

Participez à des réseaux professionnels où vous pouvez partager vos expériences avec d’autres personnes. Souvent, il est rassurant de réaliser que vous n’êtes pas seul(e) dans vos croyances.

En conclusion, si l’on passe son temps à se dénigrer, à se dévaloriser, et à se remettre en cause, que ce soit dans sa vie professionnelle ou personnelle, c’est peut-être le bon moment pour consulter un professionnel de l’accompagnement pour travailler sur vous-même et retrouver une image valorisante certainement plus proche de votre vraie personnalité que celle à laquelle vous vous identifiez.